Questão 3555933

Língua Francesa · 2016

Questão

ID 3555933

Disciplina: Língua Francesa

Assunto: Interpretação de Texto

Ano: 2016 Banca: COSEAC Órgão: Universidade Federal Fluminense


Texto 1 – Referente às questões 01 a 08.

Enseigner le français et la littérature: du linguistique à l’anthropologique

L’anthropologie, non comme discipline constituée,

mais comme champ de questionnement qui englobe

le sujet et la culture dans leurs manifestations

singulières et collectives, devient le substrat de tout

5 enseignement de la langue et de la littérature, se

substituant aux approches structurales dans

l’enseignement des langues et au règne de

l’approche linguistique dans la lecture méthodique

en littérature. Ce postulat, qui appellerait des

10 nuances, peut se résumer à un déplacement de la

question de l’objet vers le sujet, des savoirs

techniques vers la culture. (...)

Un détour critique par un philosophe confronté à la

difficulté à exister dans une langue et une culture

15 qui ne lui étaient pas premières permet de

problématiser la question avant d’en examiner les

aspects historiques. Dans Le monolinguisme de

l’autre, oeuvre de 1996, Derrida propose un

paradoxe fondateur ou, comme il la nomme lui

20 même, une antinomie. Il y affirme qu’on ne parle

jamais une seule langue mais aussi qu’on ne parle

jamais qu’une seule langue. Il est légitime d’étendre

cette double postulation portant sur l’usage

linguistique à tout sujet lecteur de littérature puisqu’il

25 entre dans la problématique croisée des

apprentissages linguistiques et culturels. La

première proposition, qui peut s’entendre comme la

résistance d’un monolinguisme constitutif du sujet,

qui lui interdit de parler vraiment une autre langue,

30 est solidaire de la seconde, qui laisse entrevoir que

le monolinguisme est, pour une part, illusoire, tant

sont présents les phénomènes de subjectivation et

d’appropriation individuelle dans tout usage

linguistique. En ce sens, il n’est de langue que

35 profondément unique et nécessairement multiple.

La première conséquence de ce paradoxe est que

nous sommes en présence d’une langue en deuil

d’elle-même ou du moins de son unicité. C’est ce

que peut postuler toute lecture littéraire, dans la

40 langue étrangère et dans la langue maternelle, en

ce sens qu’elle est rencontre d’une non-identité à

soi, sur les plans linguistique et culturel.

L’expérience de Jacques Derrida redouble ici, en

effet, celle des élèves confrontés à la lecture

45 littéraire dans la langue maternelle et dans

l’apprentissage de la langue étrangère, ces deux

domaines institués séparément recouvrant souvent

des situations très voisines marquées par des

sentiments d’étrangeté et d’exotisme. Cette 50 expérience des limites

rend la langue à la fois complètement irremplaçable, pour faire exister ce

sentiment d’étrangeté, et toujours disponible, pour la

substitution, pour la greffe, pour la rencontre de

l’autre. Abdekébir Khatibi, autre homme des limites,

55 avec qui Derrida dialogue, apporte une tentative de

conceptualisation avec la notion de bilangue. Elle

est définie comme langue de l’aimance, qui devient

le signe d’une identité plurielle et métisse, contre

toutes les mythologies construites autour de la

60 pureté des origines linguistiques. Dans cette

perspective, altérités linguistique et culturelle sont

intimement liées et constituent l’identité du locuteur,

de l’auteur ou du lecteur, au gré des situations.

Patrick Demougin Texto adaptado - erudit.org/revue/rse/2007/v33/n2/017884ar.html



Au 3e paragraphe, l’auteur parle d’une langue en deuil d’elle-même. (l.37-38)

L’expression soulignée implique un sentiment de:

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