Questão
ID 3555929Disciplina: Língua Francesa
Assunto: Gramática
Ano: 2016 Banca: COSEAC Órgão: Universidade Federal Fluminense
Texto 1 – Referente às questões 01 a 08.
Enseigner le français et la littérature: du linguistique à l’anthropologique
L’anthropologie, non comme discipline constituée,
mais comme champ de questionnement qui englobe
le sujet et la culture dans leurs manifestations
singulières et collectives, devient le substrat de tout
5 enseignement de la langue et de la littérature, se
substituant aux approches structurales dans
l’enseignement des langues et au règne de
l’approche linguistique dans la lecture méthodique
en littérature. Ce postulat, qui appellerait des
10 nuances, peut se résumer à un déplacement de la
question de l’objet vers le sujet, des savoirs
techniques vers la culture. (...)
Un détour critique par un philosophe confronté à la
difficulté à exister dans une langue et une culture
15 qui ne lui étaient pas premières permet de
problématiser la question avant d’en examiner les
aspects historiques. Dans Le monolinguisme de
l’autre, oeuvre de 1996, Derrida propose un
paradoxe fondateur ou, comme il la nomme lui
20 même, une antinomie. Il y affirme qu’on ne parle
jamais une seule langue mais aussi qu’on ne parle
jamais qu’une seule langue. Il est légitime d’étendre
cette double postulation portant sur l’usage
linguistique à tout sujet lecteur de littérature puisqu’il
25 entre dans la problématique croisée des
apprentissages linguistiques et culturels. La
première proposition, qui peut s’entendre comme la
résistance d’un monolinguisme constitutif du sujet,
qui lui interdit de parler vraiment une autre langue,
30 est solidaire de la seconde, qui laisse entrevoir que
le monolinguisme est, pour une part, illusoire, tant
sont présents les phénomènes de subjectivation et
d’appropriation individuelle dans tout usage
linguistique. En ce sens, il n’est de langue que
35 profondément unique et nécessairement multiple.
La première conséquence de ce paradoxe est que
nous sommes en présence d’une langue en deuil
d’elle-même ou du moins de son unicité. C’est ce
que peut postuler toute lecture littéraire, dans la
40 langue étrangère et dans la langue maternelle, en
ce sens qu’elle est rencontre d’une non-identité à
soi, sur les plans linguistique et culturel.
L’expérience de Jacques Derrida redouble ici, en
effet, celle des élèves confrontés à la lecture
45 littéraire dans la langue maternelle et dans
l’apprentissage de la langue étrangère, ces deux
domaines institués séparément recouvrant souvent
des situations très voisines marquées par des
sentiments d’étrangeté et d’exotisme. Cette 50 expérience des limites
rend la langue à la fois complètement irremplaçable, pour faire exister ce
sentiment d’étrangeté, et toujours disponible, pour la
substitution, pour la greffe, pour la rencontre de
l’autre. Abdekébir Khatibi, autre homme des limites,
55 avec qui Derrida dialogue, apporte une tentative de
conceptualisation avec la notion de bilangue. Elle
est définie comme langue de l’aimance, qui devient
le signe d’une identité plurielle et métisse, contre
toutes les mythologies construites autour de la
60 pureté des origines linguistiques. Dans cette
perspective, altérités linguistique et culturelle sont
intimement liées et constituent l’identité du locuteur,
de l’auteur ou du lecteur, au gré des situations.
Patrick Demougin Texto adaptado - erudit.org/revue/rse/2007/v33/n2/017884ar.html
constituent l’identité du locuteur, de l’auteur ou du lecteur, au gré des situations. (l.62-63)
L’expression soulignée dans l’extrait ci-dessus peut être remplacée, sans changement important de sens, par: